23 mars 2007

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Stage Langue vivante du 13 février : des enseignants mobilisés !

Malgré le report du stage (initialement prévu le 8 février), malgré les pressions du rectorat (qui a réclamé des convocations) et des chefs d’établissement timorés (qui osaient affirmer que l’autorisation pour le 8 ne pouvait être valable le 13), malgré tout cela, nous étions 79 le mardi 13 et les locaux du S3 étaient pleins.
Les collègues de LV ont bien compris qu’eux et leurs disciplines étaient les premières victimes de toutes les attaques qui, de réformes en économies et pédagogie officielle, sont en train de bouleverser notre métier et nos statuts.

Les discussions vives ont largement porté sur la nouvelle organisation en groupes de compétences que l’on voudrait nous « vendre » (les pressions sont fortes) comme une solution idéale et que nous rejetons : cela signifierait passer son temps à évaluer des micro compétences, des groupes figés devenant très vite des groupes de niveaux, la « marginalisation » des profs de LV qui ne seraient plus membres à part entière de l’équipe pédagogique. De même nous refusons que les certifications par des instituts semi privés se substituent à terme à l’évaluation des L V aux examens.

Atelier Lycée

Les groupes dits allégés ne sont même pas une réponse à la question des effectifs ; le plan d’allègement en première et terminale n’est pas très ... effectif à Créteil et ne touche pas les autres niveaux : entraîner à l’oral 35 élèves de seconde en anglais ?
La question des nouvelles épreuves de STG a largement été débattue : la forme des épreuves sur laquelle nous avons des informations quelquefois divergentes et le contrôle en cours de formation qui nous amène à évaluer (gratuitement) des élèves que nous connaissons ; Nous refusons cette forme d’évaluation et avons décidé de développer les PACS entre établissements pour un échange d’examinateurs. Nous rappelons que le chef d’établissement et lui seul doit organiser les épreuves orales.

Enfin, Les premières conséquences des DHG pour la rentrée étaient connues lors du stage et les enseignant s de LV ont bien mesuré les menaces sur leurs disciplines : la pérennité des LV3, la raréfaction des LV2 autres que l’espagnol et l’allemand, l’hégémonie de l’anglais en LV1 car les classes bi langues amènent bien souvent à la disparition de l’allemand LV2 etc....

Rapprochons cette situation des nouveaux statuts que M De Robien a eu l’audace de publier malgré l’opposition de toute une profession : les profs de LV savent bien qu’ils seront les premiers à souffrir de bivalence imposée et de services » à cheval » !
Mais ils savent aussi qu’après eux, tous les autres collègues pourront en être victimes ; c’est pourquoi ils ont décidé de diffuser très largement l’appel aux autres collègues (à télécharger sur site national) et, tout en participant aux actions générales, de réfléchir à des actions spécifiques LV !

Atelier Collège

Parmi les différentes réformes préconisées dans l’audit collège, on voit la suppression des groupes inférieurs à 10 élèves, la mise en place des groupes de compétence1, la généralisation des certifications de niveau (pour l’instant l’expérimentation concerne l’allemand en 3e (niveau A2) et en 2de (niveau B1) mais pour l’anglais et l’espagnol, on attend toujours le résultat des appels d’offre lancés l’année dernière...), le tout coordonné dans chaque établissement par le département de langues vivantes, sorte de mini-Conseil pédagogique dont le but affiché est de « Favoriser le travail collectif des linguistes, les collaborations et les échanges pédagogiques et de permettre une organisation coordonnée des enseignements de langue vivante » (audit). On ne peut qu’applaudir l’idée de travail collectif et de concertation accrue entre collègues, mais cela va se faire sur notre temps de travail ? Chiche !

Programmes Palier 2
A la fin du premier trimestre, le projet des nouveaux programmes de collège a été soumis pour « consultation » aux professeurs de langues. Il s’agit du Palier 2, c’est-à-dire 4e et 3e LV1 (niveau B1 du CECRL). Sur le terrain, cette consultation a été un fiasco total. Beaucoup de collègues n’ont jamais reçu la lettre des IPR, d’autres l’ont reçu quelques jours avant la date limite pour faire remonter les remarques, donc ils n’ont pas eu le temps de se réunir et de formuler leurs analyses. En revanche, à Lognes (77), un chef d’établissement a organisé une réunion de consultation obligatoire, avec émargement ! Les collègues présents qui avaient lu le projet ont été plutôt surpris par la nature ambitieuse, voire irréaliste, des nouveaux programmes. Si le choix de mettre en avant la culture est louable, l’écart entre Palier 1 et Palier 2 est énorme, et les programmes ne présentent aucune progression entre les classes de 4e et de 3e (voire de 3e européenne). Tout est mis sur le même plan : en anglais et en portugais, les formulations qui sont données, ne serait-ce qu’à titre d’exemple, sont d’une difficulté phénoménale. En espagnol, le bilan est plus nuancé : les hispanistes présents trouvaient même que le contenu linguistique avait été revu à la baisse. Quoi qu’il en soit, peu d’établissements ont les moyens matériels pour mettre en place convenablement les programmes (labos de langues, outils informatiques, visioconférence, documents sonores sur format mp3...). Par ailleurs, il faudrait une formation conséquente et un accompagnement des collègues dans la durée pour qu’ils s’approprient ces nouveaux programmes.

Socle commun
Depuis la création du Socle commun, le SNES a exprimé sa crainte qu’il instaure une école au rabais, notamment en LVE. Rappelons que le niveau à atteindre pour les élèves à l’issue du socle commun a été fixé à A2, alors que celui pour les élèves en fin de scolarité obligatoire est B1. Le groupe de travail en LV n’a pas encore publié les fruits de ses travaux, mais les inquiétudes des collègues sont de plus en plus aigues : quelle sera l’articulation socle/DNB ? Quid des élèves qui n’ont pas atteint le niveau A2 en fin de 3e ? La mise en place des groupes de compétences ne va-elle pas favoriser la création de classes ?socle’ ? On craint que notre enseignement soit réduit à la validation d’une liste de micro-compétences (comme c’est déjà le cas pour le B2i). Même si le Portfolio européen de langues (PEL) n’est qu’un outil d’auto-évaluation, la vision qu’il donne de l’apprentissage des langues est celle d’un empilement d’items à valider. Nous craignons que le socle commun ne s’inscrive dans cette conception utilitariste de l’apprentissage des LVE. Parallèlement, la mise en place du livret individuel de compétences est expliquée dans la circulaire de rentrée 2007. Bien évidemment, les LVE auront leurs pages dans ce livret. Avec la généralisation de la bivalence, tout enseignant possédant quelques notions en langues vivantes pourra valider des items (comme pour le B2i).

SEGPA
A partir de la rentrée 2007, les horaires de LV en SEGPA seront les mêmes que dans les autres classes de collège. Les professeurs de LVE en collège sont souvent obligés de prendre des heures en SEGPA s’ils ne veulent pas que leur poste disparaisse. La formation dispensée dans l’académie de Créteil est insuffisante, et la perspective de voir les horaires doubler sème la panique dans la profession, non seulement chez les professeurs de collège, mais chez les collègues de lycée aussi. En raison de la suppression des heures de première chaire, certains enseignants de lycée ne risquent-ils pas de se retrouver en sous-service ? Et il faudra bien combler les besoins en SEGPA d’une manière ou d’une autre...Une collègue exerçant en SEGPA a constaté que les élèves de ces classes se révèlent dans les ateliers pratiques, mais les ateliers pratiques se déroulent en petits groupes, donc ils sont coûteux. Syndicalement, notre position est délicate : pour une fois on propose de nous donner des heures en Langues Vivantes. Peut-on maintenant faire la fine bouche en les refusant ? Mais la réalité, c’est qu’on ne donne rien. Au contraire, on enlève des heures de mathématiques et de technologie pour financer cette réforme. A terme, est-ce que ce n’est pas la dissolution des SEGPA qui se profile ? Une fois que les élèves de SEGPA auront les mêmes horaires que les autres, rien de plus facile que de les intégrer dans un groupe de compétence correspondant à leurs besoins ! Les collègues de Créteil dénoncent cette fausse bonne idée ! On doit exiger le rétablissement des horaires de mathématiques et de technologie. En attendant, certains collègues proposent de demander des dédoublements. En effet, avec le passage à 4 heures en 6e, il semble judicieux de demander 2 heures devant 8 élèves plutôt que 4 heures devant une classe entière de 16 élèves, voire plus.

Une circulaire LV à paraître fin mars vous donnera toutes les actualités en LV dans l’académie et essayera de définir des pistes d’actions spécifiques.

Violette Diaz, Bruno Auer