Communiqué de presse du SNES Creteil le 03/11/05
Provocations-violence-répression : ?a suffit !
L’ ?tat doit investir dans les banlieues !
Depuis une semaine, la banlieue parisienne est le théâtre de violents affrontements. Ces derniers jours, plusieurs bâtiments scolaires ont été eux-mêmes victimes de cette violence.
Il est urgent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort des deux jeunes clichois jeudi dernier. Nous sommes solidaires des familles et nous condamnons l’instrumentalisation des événements qui ont suivi. Enseignants, syndicalistes, nous ne pouvons que réprouver l’usage de la violence et affirmons la nécessité de toujours se placer sur le terrain de la discussion et de la concertation. Nous condamnons le surenchérissement dans le discours sécuritaire qui, loin de ramener le calme, ne fait qu’aggraver la situation, exaspérer les frustrations et le sentiment d’injustice, étendre les violences afin de ne laisser place qu’à une seule solution : l’envoi massif des forces de l’ordre et l’instauration d’un véritable couvre-feu. L’attitude du ministre de l’intérieur comme ses provocations répétées dans les cités en direction des jeunes sont inacceptables.
Car ces événements, trop vite qualifiés « d’émeutes urbaines », révèlent l’état d’abandon et d’injustice ressenti par une partie de la jeunesse.
Nous connaissons les difficultés de ces quartiers, nombreux sur le territoire de notre académie. Ils ne sont ni « sordides », ni « pourris », comme on l’entend souvent dire dans les médias, mais y vivre est souvent plus difficile qu’ailleurs du fait de la relégation des couches les plus pauvres et du manque de financements nationaux. Alors que d’autres services publics ferment leurs portes, l’école y est toujours présente et elle continuera à y faire son travail dans l’intérêt de tous les jeunes.
C’est pourquoi le SNES a toujours demandé que ces zones soient l’objet d’une attention particulière de l’Etat et d’une vraie politique de l’éducation prioritaire.
Les formations offertes à nos élèves doivent être riches et appartenir à tous les segments de l’économie. Il ne faut pas enfermer nos élèves, dès le collège, dans des filières qui les mènent à ne satisfaire que les besoins locaux en emplois peu payés et peu qualifiés. Dans les collèges et les lycées, il faut rendre les conditions d’exercices attractives pour y maintenir les équipes éducatives, notamment en améliorant les conditions de travail de tous, en allégeant conséquemment les effectifs des classes, en renforçant les équipes. Les postes d’infirmières, d’assistantes sociales, de conseillers d’orientation, déjà insuffisants, sont souvent non pourvus !
La politique gouvernementale nous enferme dans une logique inverse, notamment la loi Fillon pour l’école, et le budget de l’éducation qui conduiront inévitablement à supprimer des postes d’enseignants dans ces quartiers.
Après la campagne présidentielle de 2002, qui s’était focalisée sur l’insécurité, avec les conséquences que l’on sait, les gouvernements successifs ont fait le choix de la répression. Si les destructions, quelles qu’elles soient desservent en premier lieu les habitants des quartiers concernés et font le lit de l’extrême droite et des milieux intégristes, nous affirmons que « l’ordre républicain » qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres, ne se restaure pas à coup de matraque et de prison ferme.
