6 novembre 2008

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DESTRUCTION DE LA FORMATION DES ENSEIGNANTS

La « mastérisation » présentée comme une augmentation des qualifications des enseignants et une « revalorisation » du métier est une attaque sans précédent contre la formation et le recrutement des enseignants. Dans le cadre annoncé du non-recrutement d ?un fonctionnaire sur deux et d ?une transformation profonde du fonctionnement du service public, cette réforme brutale s’inscrit dans un plan plus global, celui de la casse des statuts dans la fonction publique.

« Des enseignants mieux formés, mieux payés » ?
Les enseignants seraient formés plus longtemps, donc, implicitement, ils seraient mieux formés.
Former plus ? Pas plus longtemps en tout cas. Dès aujourd ?hui, après l ?année de préparation aux concours, l ?année de stagiairisation amène à Bac + 5 au moment de la titularisation effective, un Bac + 5 non reconnu ?? En outre, la maquette des nouveaux concours prévoit des épreuves disciplinaires validant un niveau licence.
Former mieux ? De fait, la formation professionnelle disparaît au profit d’un modèle de formation par compagnonnage. Le jeune titulaire apprendra donc son métier sur le terrain, par imitation, sans aucune pratique réflexive, ni aucun accès à des choix pédagogiques différenciés.
Quant à la revalorisation de la carrière, le ministre reste très discret et très vague sur cette question.

Quel recrutement ?
Cette réforme aura aussi des conséquences désastreuses sur le recrutement. L’allongement de la durée des études sans financement (allocation d’autonomie, pré-recrutements) entraînera une sélection sociale plus importante : les étudiants issus des classes populaires auront du mal à financer une formation aussi longue. Le ministère ne prévoit évidemment que des bourses au mérite.

Une logique comptable.
Cette réforme répond en fait à une logique comptable : mettre tous les stagiaires à temps complet permet de récupérer plus de 5000 postes. En outre, les étudiants titulaires d’un master « enseignement » mais ayant échoué au concours vont constituer un vivier de précaires formés, dans lequel les rectorats et les chefs d’établissement pourront puiser à loisir.

Le recrutement et la formation ne peuvent être réformés sans :
 le maintien d’une réelle formation professionnelle avec une année de stage payée et en service réduit.
 l’instauration de pré-recrutements et d’allocations d’autonomie pour les étudiants ayant la licence.
 la garantie du maintien des postes au concours et un plan pluri-annuel de recrutement à la hauteur des besoins.
 la mise en place de mesures transitoires qui garantissent à tous les candidats qui éventuellement échoueraient au concours cette année de pouvoir se représenter au concours les années suivantes.