6 janvier 2006

[Archives]

Compte-rendu du GTPMA du 6 janvier 2006

Lors du GTPMA (groupe de travail paritaire pour les maitres auxiliaires) le SNES a de nouveau interpellé l’administration sur la situation qui était faite aux non-titulaires de notre académie. Nous avions à maintes reprises souhaité aborder la politique menée par le recteur, seul le responsable de la DPE était présent et a refusé d’aborder les problèmes que nous évoquions, se limitant strictement à l’ordre du jour présenté, à savoir l’avancement d’échelon des MA et une fin de délégation proposée. Après une suspension de séance et après avoir demandé, sans succès, la présence du recteur, les élus du SNES ont quitté le GTPMA entrainant par là même le départ des autres syndicats présents.

Vous trouverez ci-dessous la déclaration du SNES lors de l’ouverture de ce GTPMA :

Après avoir été différé par deux fois, le groupe de travail compétent à l’égard des MA se réunit aujourd’hui afin d’examiner les avancements d’échelon et une fin de délégation rectorale.
Avant d’aborder cette séance, il nous semble indispensable d’évoquer la situation inadmissible qui est faite à nos collègues non-titulaires.
Après des années très noires pour eux, une nouvelle étape est franchie avec leur « mise à mort » programmée.
Au plan national ce sont près de 20 000 enseignants qui se retrouvent au chômage dont plusieurs centaines sur notre académie.
Le gouvernement ne cesse de pérorer que la lutte contre le chômage reste sa priorité et qu’il diminue (de fait par la multiplication de radiations de l’ANPE et des contrats d’accompagnement à l’emploi) ; force est pourtant de constater que l’Education Nationale est devenue le 1er licencieur de France : le Rectorat de Créteil n’est pas en reste.
La loi Sapin (avec entre autre l’examen professionnel dont nous avions dénoncé les insuffisances) s’est conclue par un lourd échec. C’est en effet plus de 50% des collègues MA garantis d’emplois qui n’ont pas accédé à la titularisation. Nul n’ignore ici qu’une partie des jurys était hostile à cette titularisation » au rabais. » Nous devons également évoquer les collègues stagiaires qui se voient en renouvellement de stage voire pire en refus de définitif de titularisation pour des raisons des plus obscures.
Aujourd’hui, nos collègues n’ont le choix qu’entre une précarité toujours plus inhumaine (la multiplication des vacations) ou le chômage.
A ce propos, rappelons une fois encore que le chômage dû aux collègues ne leur est payé qu’avec beaucoup de retard : ceci est proprement indécent.
Nous tenons également à redire que pour les collègues qui sont affectés, nombre d’entre eux sont nommés sur des postes éloignés de leur domicile, sur des temps partiels, sur plusieurs établissement et sont toujours victimes de retards de paiement.
Aujourd’hui, la politique rectorale de déclassement systématique de contractuels en vacataires 6h par semaine nous semble honteuse.
Devant tout ce mépris et ce cynisme affichés, nos collègues non-titulaires en sont réduits à camper devant le Rectorat jour et nuit pour dénoncer cette situation et ce depuis le 17 octobre sans interruption :

Le SNES apporte son soutien à ces collègues en lutte et exige avec eux :
  le réemploi immédiat
  le refus de vacations, degré ultime de la précarisation
  le paiement immédiat de toutes les sommes dues
  la titularisation de tous.

Il est à ce titre particulièrement inadmissible que les collègues non-titulaires, à travers leur collectif, soient reçus après plus de 2 mois de campement par le Recteur. Il est à noter que le Snes n’a pas été invité à cette audience malgré les promesses qui lui avaient été faites.

Quelles sont les réponses fournies par l’administration : toujours les mêmes refrains.
Le chômage des non-titulaires c’est la faute d’un trop grand nombre de titulaire affectés dans l’académie par le Ministère.
Nous savons tous en effet depuis des années à quel point les classes sont « sous chargées », l’encadrement éducatif de plus en plus pléthorique et les conditions de travail de plus en plus faciles dans nos établissements scolaires de banlieue.
Outre le fait que ces surnombres résultent avant tout des réductions massives de postes opérées depuis plusieurs années, il est en tout cas intéressant de constater à quel point le Recteur, pourtant si attaché à la déconcentration, se réfugie derrière le Ministère dès qu’il s’agit d’expliquer les difficultés existantes dans l’académie.
Les réponses sont d’ailleurs identiques à propos des retards de paiement (tant au niveau des indemnités chômage que des traitements) dont la faute en revient cette fois à la Trésorerie générale. Décidément la politique gouvernementale semble bien difficile à assumer.
Enfin, que penser des propos du ministre et du Recteur invitant les collègues non-titulaires à passer les concours alors que les postes aux différents concours sont en chute libre (entre - 30% et - 50% de postes par rapport à l’an passé). Certains CAPES internes ont même disparu.
A travers la question des non-titulaires c’est l’ensemble du service public d’éducation qui est attaqué : MA, contractuels et vacataires constituent pour l’administration un laboratoire grandeur nature des régressions qu’elle voudrait imposer à l’ensemble des enseignants.Comment ne pas voir dans les nouveaux décrets de Robien sur les remplacements un premier pas vers l’annualisation du temps de travail et la précarisation.
La mise en place de la LOLF au 1er janvier va accélérer encore ces processus de casse du service public et la précarisation accrue d’un plus grand nombre. La situation faite aux non-titulaires est très symptomatique de la vision qu’ont nos gouvernants de l’école et de son rôle dans la société. Les annonces faites par De Robien concernant les ZEP sont sur ce point aussi édifiantes.
Plutôt que de vouloir réellement donner à l’école la possibilité de combattre les inégalités sociales et culturelles, gouvernement, ministère et rectorat ont fait le choix contraire.

En cette nouvelle année, le Snes, conforté par le soutien réitéré des collègues lors des élections professionnelles, ne cessera de lutter contre cette politique néfaste et engagera tous les moyens pour développer une mobilisation la plus large possible.