Par un message adressé aux établissements, le rectorat annonce qu’à partir de la rentrée 2026 les personnels d’enseignement et d’éducation exerçant dans certains établissements ne bénéficieront plus des dispositifs de mutation prioritaire ni de l’avantage spécifique d’ancienneté (ASA) dont ils bénéficiaient jusqu’ici.
Pour justifier cette décision, l’administration invoque une lecture restrictive des textes réglementaires, au motif que seuls les établissements mentionnés dans le bulletin officiel du 8 mars 2001 pourraient ouvrir droit à ces avantages. Cette liste n’ayant jamais été mise à jour depuis plus de vingt ans, les établissements ouverts depuis — pourtant confrontés aux mêmes réalités sociales et scolaires — se retrouvent brutalement exclus du dispositif.
Cette décision est inacceptable.
Elle revient à nier la réalité des conditions d’exercice dans ces établissements et à retirer des droits à des personnels qui s’y sont engagés en toute connaissance des règles alors en application. Pendant des années, l’administration a reconnu ces établissements comme relevant de dispositifs compensatoires ; aujourd’hui, elle prétend soudainement qu’il n’existerait plus de cadre pour maintenir ces droits.
Elle crée une rupture d’égalité entre collègues exerçant dans des contextes pourtant comparables et méconnaît les difficultés spécifiques des établissements relevant de l’éducation prioritaire et de la politique de la ville, quelle que soit leur date de construction. L’exclusion actuelle pénalise les personnels concernés, notamment en matière d’avancement de carrière, et porte atteinte à l’équité entre les agents du service public d’éducation.
Ce revirement brutal constitue une véritable rupture de confiance envers les personnels.
Alors que chacun constate les difficultés croissantes pour recruter et stabiliser les équipes dans ces établissements, le rectorat choisit de supprimer l’un des rares leviers de reconnaissance et d’attractivité existants. Cette décision aura des conséquences directes sur la stabilité des équipes pédagogiques et, par conséquent, sur les conditions d’apprentissage des élèves.
Plutôt que d’améliorer les conditions de travail et de reconnaître l’engagement des personnels, l’administration fait le choix de l’économie budgétaire sur leur dos.
Nous exigeons :
- le maintien immédiat des dispositifs de mutation prioritaire et d’avantage spécifique d’ancienneté pour les personnels concernés ;
- l’élargissement de la liste des établissements ouvrant droit à ces dispositifs afin de tenir compte de la réalité des territoires aujourd’hui.
Nous appelons les personnels à se mobiliser collectivement pour refuser cette régression inacceptable de leurs droits.
Le SNES-FSU Créteil mettra tout en œuvre pour obtenir l’abandon de cette décision et défendre et accompagner les collègues concernés.
