Inspection de titularisation : les conseils du SNES

L’inspection et les « 10 compétences professionnelles »

1/ La titularisation :
La partie théorique de la titularisation correspond aux épreuves du concours du CAPES ; la partie pratique à l’année de stage. Les arrêtés du 12.05.2010 fixent les modalités d’évaluation et de titularisation qui s’appuient sur la liste des 10 compétences à acquérir par les professeurs, enseignants documentalistes et CPE pour l’exercice de leur métier.
C’est un jury (3 à 6 membres parmi le corps d’inspection et les chefs d’établissements) qui évalue l’année de stage et il est souverain. Il est donc difficile d’obtenir des recours favorables, sauf en cas d’irrégularité dans la procédure. En cas de difficulté probable, il faut anticiper en alertant la section académique (S3) du SNES afin de mettre en place une médiation.
Deux avis entrent en compte dans la titularisation :

  • l’avis du chef d’établissement
  • l’avis de l’inspecteur : il se base soit sur le seul et unique rapport du tuteur, soit sur son propre rapport.

2/ L’inspection :
Du 15 mars au 31 mai 2012

  • Les documents à présenter le jour de l’inspection (pouvant varier en fonction de la discipline et de l’inspecteur) : le cahier de textes de la classe, 2 ou 3 cahiers d’élèves, le projet pédagogique de la classe et de la séquence en question, les documents de la séance du jour
  • Déroulement de l’inspection : n’innovez pas le jour de l’inspection (pour ne pas surprendre vos élèves). Faîtes un cours mettant en valeur vos élèves et vous-même et ayant entraîné ces compétences au préalable.
  • L’entretien : montrez que vous avez du recul et une analyse critique de votre activité de professeur. Sachez justifier chacun de vos choix dans l’organisation du cours pour atteindre les objectifs que vous lui avez fixés en vue de la réussite de l’apprentissage des élèves.

3/ Les « 10 compétences »
Celles-ci s’inscrivent dans une refonte en profondeur du système éducatif, dans la mise en place de l’école néolibérale. Dans ce cadre, la politique de management est le modèle de gouvernance qui doit primer dans l’Éducation Nationale : obligation de résultats, individualisation et évaluation. D’où le projet de décret de réforme de l’évaluation des enseignants (évaluation par le seul chef d’établissement avec entretien individuel) ; la mise en concurrence entre élèves, entre professeurs et entre établissements (Livret Personnel de Compétences ; dispositif ECLAIR avec ses postes à profil et le recrutement par le chef d’établissement, ses contrats d’objectifs ; libéralisation de la carte scolaire, etc.).Les « 10 compétences » sanctionnent une conception du métier très critiquable :

  • De par leur formalisme : découpage de tâches globales en tâches simples restant à la périphérie du métier et en en faisant du même coup un métier parcellaire. La globalité et la finalité des gestes professionnels ne peuvent être prises en compte par ces « compétences » immédiatement évaluables qui renforcent l’apprentissage du métier par l’application des « bonnes pratiques ».
  • Elles se veulent exhaustives et ne laissent de place ni au tâtonnement, ni à la prise de recul par rapport à sa pratique.
  • Le poids important donné à la hiérarchie et la faiblesse du pluralisme dans l’évaluation, les formateurs IUFM n’intervenant plus pour apporter leurs conseils.
  • Le rang des compétences : la première compétence sanctionne l’obéissance des personnels ; l’aspect disciplinaire n’apparaît qu’en troisième position ! Et comment expliquer cette formule : « maitrise des disciplines et culture générale » si ce n’est par la volonté d’introduire à
    terme la bivalence pour les enseignants ?
  • Aucun référentiel n’existe pour les CPE ou les professeurs documentalistes.
    Ainsi, il s’agit de relativiser leur importance et ne pas oublier le caractère arbitraire de leur application (en 2011, des stagiaires n’ont pas été titularisés alors qu’ils avaient validé les 10 compétences). On conseillera donc de faire preuve de bon sens lors de l’inspection, par exemple pour la compétence n°2 (Maîtriser la langue française pour
    enseigner et communiquer), utiliser un niveau de langue soutenu, ou préparer un exercice supplémentaire pour les élèves qui auraient fini en avance pour la compétence n°6 (Prendre en compte la diversité des élèves).

La suppression progressive de l’année de stage et le référentiel des 10 compétences dénaturent profondément notre métier, faisant de l’enseignant un exécutant qui apprend par mimétisme via le compagnonnage. Le SNES exige un réel cadrage de la formation des maîtres conçue pour former des enseignants concepteurs de leur pratique.

Imprimer l'articleImprimer télécharger l'article en pdfPDF FLux RSSRSS Envoyer l'article par mailenvoyer l'article par mail envoyer  
plan | nous contacter | permanences téléphoniques | légal | (x)html validcreation site internet Paris: AL, graphiste developpeur freelance
SNES Créteil - 3 rue de Gouyon du Verger - 94112 Arcueil cedex - tel : 01.41.24.80.54 / fax : 01.41.24.80.61