Préparer la rentrée en collège : refuser la mise en place de la réforme

La lutte n’est pas terminée.

A la rentrée, les premières tentatives d’organiser la réforme du collège risquent de se faire sentir et celle des Rep devrait se confirmer.
A nous de créer les rapports de force et d’élaborer les modes d’actions pour empêcher la dégradation de nos conditions de travail.

La circulaire de rentrée confirme la mise en place de dispositifs préfigurateurs de la réforme.

  • Les parcours seront mis en place dès la rentrée :
    - le PEAC (arts et culture),
    - le parcours citoyen (de la maternelle au lycée),
    - le parcours d’avenir (orientation et découverte du monde professionnel) qui s’inscrit dans la nécessité de développer " l’esprit d’entreprendre" mis en avant par la circulaire ; sans horaire dédié, ce dispositif "clé en main" permet l’intervention de la chambre des métiers, de l’ONISEP et du Medef, tout en détruisant le métier de conseillère d’orientation psychologue. Il devra être renseigné dans le Folio de l’élève (livret électronique).
  • Les actions avec intervenants extérieurs devraient se multiplier, sur le modèle de la semaine de la "persévérance scolaire", avec l’intervention d’association sur le décrochage scolaire.
    La pénurie horaire annoncée dans la réforme pourra ainsi être compensée par des intervenants extérieurs du monde associatif et professionnel.
  • L’EMC sera mis en place alors que les programmes définitifs n’étaient pas parus le 26 juin, et dans certains cas sans horaires dédiés (sections technologiques au lycée).
  • Enfin les conseils de cycles, parmi lesquels le conseil école-collège, devraient s’installer plus précisément pour "organiser les enseignements" et "assurer la continuité des apprentissages", sans que des heures de concertation ne soient prévues et rémunérées dans le cadre de nos services.

Ce n’est pas pour autant que ces temps de concertation ne seront pas mis en place par des alignements des emplois du temps et l’exigence de produire des rapports sur le travail effectué. Il s’agira dans ce cas d’un travail supplémentaire effectué par les enseignants.

Dans les établissements classés Rep+ le processus est déjà en marche. La mise en place de la pondération, qui devait permettre un allègement du temps de travail des enseignants de l’éducation prioritaire pour tenir compte de la pénibilité de leurs conditions de travail, n’est pas respectée en tant que telle.
Or, alors que l’équivalent de la pondération n’a pas à être comptabilisée dans le service des enseignants (lire notre article ici) l’administration tente d’imposer l’équivalent de cette pondération en temps de concertations inclus dans les emplois du temps des équipes. Il s’ajoute parfois à ces réunions l’injonction de produire des comptes-rendus pour la direction.

Dans tous les établissements, Rep ou non, l’organisation de la rentrée 2016 devrait donner lieu à des temps de réunions plus nombreux, à des formations pour les futurs coordonateurs et donc à des propositions de la part des direction pour nous inciter à accepter ces missions de coordination et/ou de faire partie du conseil pédagogique.

Comment lutter ?

  • Dans tous les établissements la mise en place d’un rapport de force s’impose pour faire face aux exigences de plus en plus péremptoires de la part des directions et qui préfigurent de la gestion locale qui devrait s’imposer avec la réforme, sous l’égide des chefs d’établissement.

Là où il s’impose, ce rapport de force est efficace pour refuser collectivement par exemple les temps de concertation imposés en Rep, la validation du LPC au cas par cas, ou la participation au conseil pédagogique.
Pour parvenir à cette entente collective des équipes éducatives, des heures d’information syndicales peuvent être déposées pour la semaine de la rentrée.

  • Dans le cadre de ce rapport de force, les équipes doivent savoir qu’elles peuvent refuser les missions de coordination, en refusant les IMP qui doivent permettre de les installer, mais aussi de produire des comptes-rendus de réunions au contenu pédagogique à destination du chef d’établissement (supérieur administratif et non pédagogique), et de participer aux formations pour la mise en place de la réforme.
  • Certains éléments sont à maîtriser pour créer un rapport de force qui ne mette pas les enseignants en défaut :
    - l’obligation d’enseigner le contenu des programmes et d’évaluer le travail des élèves,
    - l’obligation d’accepter un ordre donné par ordre de mission (courrier papier ou pièce-jointe d’un mail, nominatif, individuel).
    - la non soumission à un "devoir de réserve", hormis dans le temps d’enseignement face aux élèves. Ce qui sous-entend de pouvoir informer et communiquer avec les parents sans l’aval du chef d’établissement, avec cependant les précautions qui s’imposent pour le faire sans impliquer les élèves et sans impliquer l’établissement mais les auteurs de la communication (collectif d’enseignants...).
Dès la rentrée, refusons de participer à la mise en oeuvre de la réforme, à l’alourdissement de nos missions, et de nous soumettre à nos supérieurs administratifs pour tout ce qui concerne le coeur de notre métier : la pédagogie !

L’intersyndicale a décidé d’une grève en septembre et d’une manifestation nationale en octobre pour obtenir le retrait de cette réforme. Il n’est pas trop tard pour faire reculer la ministre.

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