31 août 2006

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Violence à l’école : Le Point fait du sensationnel sur le dos du service public !

Communiqué de presse du jeudi 31 août 2006

Violence à l’école : Le Point fait du sensationnel sur le dos du service public ! Le SNES Créteil exige la transparence !

Le Point, relayé depuis par la quasi totalité des médias, se vante dans son édition du 31 août de publier « les chiffres secrets de la violence scolaire » et publie « la liste des établissements les plus dangereux ». L’utilisation du thème de la violence scolaire pour vendre du papier n’est pas une nouveauté dans le paysage médiatique et nous pouvons nous interroger sur les raisons de cette publication discréditant le service public à la veille de la rentrée. Stigmatiser certains établissements en voulant créer la panique chez les parents d’élèves est particulièrement scandaleux. Cela ne peut qu’aggraver la ghettoïsation de collèges et de lycées déjà lourdement affecté par l’évitement scolaire.

Le journal cite comme sources fiables, un syndicat de gardiens de la paix connu pour son orientation sécuritaire et le recensement SIGNA. Or on demande aux chefs d’établissement de ne relever les actes « qui ont
eu un retentissement important dans la communauté scolaire ».
L’appréciation du « retentissement », c’est à dire du bruit fait autour de l’évènement, laisse donc une marge aux chefs d’établissements. Par ailleurs s’appuyer sur cette source est une incitation claire envoyée aux chefs d’établissement de ne plus remplir ces enquêtes.

Dommage collatéral : l’instrument, dont les personnels auraient pu se servir pour mettre en avant la réalité de leurs conditions de travail et celle des leurs élèves, risque de tomber dans les oubliettes. Il aurait pu servir aussi à placer le gouvernement qui a supprimé 23 000 postes d’enseignants et 30 000 postes de surveillants ces 5 dernières années et se préparant à supprimer 5 000 nouveaux enseignants dans le second degré à la prochaine rentrée, devant ses responsabilités. En effet beaucoup
des établissements cités voient leurs moyens baisser en cette rentrée.

Cette opération médiatique n’est possible que par le « secret » maintenu sur cette question par l’administration de l’Education nationale. Le SNES Créteil exige que les travaux de l’Observatoire de la violence scolaire, instrument sérieux mis en place dans notre académie, soit présenté aux représentants du personnels et fasse l’objet d’un débat contradictoire en Comité Technique Paritaire (CTPA). Cela aurait permis d’éviter une mise en cause de de notre académie comme le fait aujourd’hui cette publication.