Dans ce qu’il appelle une réforme des ZEP et qui s’apparente plus à un dynamitage de l’éducation prioritaire, le ministre classe les établissement actuellement ZEP en trois catégories :
Les EP1 faussement dénommés collèges ambition réussite, les EP2 établissements difficiles qui devraient garder leurs moyens et les EP3 qui devraient sortir du dispositif dans les 3 ans.
Il est clair que pour le ministre, à part les EP1, tous les autres collèges devraient à terme quitter le dispositif actuel, renoncer aux 10% de moyens supplémentaires et, pour les personnels, à la prime ZEP. Personne ne parle plus des établissements sensibles qui devraient suivre le même chemin.
Les EP1, sont-ils une bonne chose pour les personnels ?
Il s’agit dans ces établissements de privilégier l’individualisation tant pour les élèves que pour le fonctionnement des établissements.
Les 1 000 « super profs » qui y seront affectés (4 ou 5 par établissement) sont financés en prenant 1/2h dans chaque classe de 5e et dans chaque classe de 4e de tous les collèges de France ... bel exemple de redéploiement !
Ces personnels qui peuvent venir du premier comme du second degré, recrutés sur profil seront chargés de la coordination des équipes éducatives des collèges EP1, de la mise en ?uvre du projet de l’établissement ... ils seront récompensés par un accès à la hors classe au bout de 5 ans (ce qui va bloquer les autres personnels).
Le projet de l’établissement pourra définir les programmes et les horaires sur la base d’une contractualisation impliquant une logique d’objectifs et de résultats par le biais de lettre de missions où la bivalence pourra se développer. Pour cela le chef d’établissement aura plus de pouvoir et les personnels y seront inspectés chaque année !
Les EP1 sont-ils une bonne chose pour les élèves ?
Les programmes et les horaires n’y seront plus nationaux, l’enseignement y sera réduit au socle commun, la découverte professionnelle leur sera enseignée dès la classe de 4e, ils n’auront plus droit au redoublement.
S’ils n’arrivent pas à suivre, ils pourront « bénéficier » de l’apprentissage dès 14 ans alors que les meilleurs bénéficieront d’une dérogation à la carte scolaire pour « échapper » à leur quartier ...
Ces établissements seront donc de véritables laboratoires d’expérimentation, de contractualisation, de déréglementation de l’enseignement et de nos statuts.
Cette logique ne sera pas longtemps spécifique aux établissements EP1. Les orientations du gouvernement en matière éducative sont à mettre en relation avec les attaques statutaires dont nous sommes victimes : le profilage des postes dans le cadre des APV et l’accès à la hors-classe prenant exagérément en compte les avis des chefs d’établissement et des corps d’inspection.
Nous devons refuser cette catégorisation de nos établissements, prélude à l’éclatement de tout le système éducatif.
Nous devons exiger qu’aucun établissement ne perde de moyens !
Nous devons obtenir l’abondement des moyens de tous les établissements pour faire face aux difficultés rencontrées, et ainsi pouvoir engager partout une véritable action contre l’échec scolaire.
Le ministre avait préparé une première liste d’établissements devant être classés EP1 (voir la liste ci-dessous).
D’autres devaient être classés par le Rectorat il s’agissait de 3... puis de 7.
? la date d’aujourd’hui, aucune liste officielle n’est parue, la colère qui monte des établissements, semble le faire réfléchir .... Il est à notre portée de sauver et de développer l’éducation prioritaire pourvu que nous sachions nous rassembler pour agir.
EP1 : Classement initial du ministère
– Melun - Les Capucins
– Aubervilliers - Jean Moulin (pour lire le communiqué de presse des enseignants du collège Jean Moulin, cliquer ici)
– Aulnay-sous-Bois - Pablo Neruda
– Bobigny - République
– Bobigny - Delaune
– Bondy - Jean Zay
– Clichy-sous-Bois - Romain Rolland
– Clichy-sous-Bois - Louise Michel
– Montreuil - Lenain de Tillemont
– Pantin - Jean Jaurès
– Saint-Denis - Fédérico Garcia Lorca
– Villetaneuse - Lucie Aubrac
– Fontenay-sous-Bois - Jean Macé
