Une quinzaine de courageux TZR se sont réunis devant le rectorat de Créteil le mercredi 8 décembre, malgré la froidure et la fin de trimestre...
Une délégation de six collègues a été reçue par l’adjoint au chef de la DPE suite à notre demande d’audience.
Compte-rendu de l’audience
Nous avons exprimé nos doléances, ont été évoquées :
– la colère et la détresse d’un grand nombre de TZR, qui ont l’impression d’un manque total de considération de la part du rectorat et de son administration ; en insistant bien sur les difficultés concrètes des missions de TZR : déplacements, disciplines, flexibilité...
– l’évolution du système de mutation : non seulement un dispositif compensatoire pour les difficultés propres disparaît (les 20 pts), ce qui est une rupture d’un contrat moral, mais en plus les nouveaux systèmes de mutation lèsent particulièrement les TZR : pas de points en cas d’affectation dans les futures APV, points cette année, perdus l’an prochain pour ceux qui s’y trouvaient...
– la situation particulière des TZR néo-titulaires qui n’ont pas choisi les missions de remplacement, néo-titulaires envoyés dans une académie qu’ils ne connaissent pas, sans affectation à la rentrée...
Réponses de l’adjoint au chef de la DPE :
– il s’engage à faire remonter les doléances au recteur
– en ce qui concerne le mouvement interacadémique il rappelle qu’il n’est pas du ressort du rectorat (points TZR et points pour les TZR en APV) ; il souligne toutefois que le « dispositif transitoire » qui permet aux TZR d’avoir des points APV pour cette seule année, quand bien même ils ont changé d’établissement, a été décidé par le ministère suite à une demande du Recteur de Créteil [qui peut donc bien jouer un rôle pour influencer des règles nationales !]
– il explique les difficultés rencontrées par les TZR par une politique ministérielle, guidée par des impératifs d’économies budgétaires (fixés au ministère et au-dessus), qui vise à affecter le maximum d’enseignants en postes fixes (moins coûteux) et à rentabiliser l’utilisation des TZR restant (flexibilité accrue des TZR)
Concrètement, les TZR sont depuis cette année, par exemple, affectés dans des communes non limitrophes pour répondre à ces exigences de rentabilité.
– les points TZR déjà acquis ne sont pas menacés pour les années suivantes
[gros doutes, ces points dépendant d’un BO annuel, et étant donné l’ampleur des bouleversement actuels dans les systèmes de mutation...]
– pour les mutations intra-académiques, rien n’est encore fixé : les premières réunions syndicats / rectorat ont lieu les 14 et 16 décembre.
Commentaires : S’il est clair que la dégradation dans les conditions de travail - plus loin, plus d’heures, d’autres matières - permet des économies de budget au prix de situation souvent extrêmement pénible, cela n’est pas le cas pour les points de bonification, qui ne coûtent rien.
La justification par la volonté ministérielle de dévaloriser les missions de remplacement pour qu’il y ait plus de postes ne tient pas : les évolutions du système de mutation sont volontairement irrationnelles, et ne laissent aucune stratégie à moyen ou long terme envisageable - même pour les non-TZR, de sorte que les collègues finissent par réclamer eux-mêmes un système de recrutement régionalisé pour avoir des chances de retrouver leur région d’origine
Autres points abordés :
– Le rectorat doit jouer son rôle d’autorité de tutelle pour les TZR : cf. cas des heures de 1re chaire où les établissements se renvoient la balle pour ne pas la payer, démarches pénibles pour les TZR pour obtenir des indemnités de droit.
– Sur la condition des TZR, deux textes sont en concurrence : statut des fonctionnaires de 1950 et décret de 1999. Or le rectorat choisit, dans le cas de TZR, de retenir le pire des deux textes.
– Les cas d’affectations aberrantes sont de plus en plus nombreux ; les situations individuelles ne sont pas assez prises en compte (voiture ou pas, etc...). Problème aussi des « affectations par téléphone », où les chefs d’établissement font pression sur les TZR pour qu’ils se déplacent sans arrêté d’affectation.
– Il faut que les TZR aient une affectation légale, avec Zone de Remplacement ET établissement de rattachement administratif.
– L’idée de rendre moins attractifs les postes de TZR pour diminuer leur nombre ne tient pas : il suffit de créer moins de postes (calibrage), voire d’effectuer des mesures de carte scolaire pour que le nombre de TZR diminue
– Eclaircissements sur la compréhension du mouvement interacadémique :
Cette année un TZR :
– 8 ans ou plus dans le même établissement APV = 400 pts
– 5 ans à 7 ans dans le même établissement APV = 300 pts
– 5 ans ou plus APV dans des établissements différents = 100 pts
– 4 ans en APV (différents ou pas) = 85 pts
– 3 ans en APV (différents ou pas) = 65 pts
– 1 ou 2 ans en APV (différents ou pas) = 30 pts
L’an prochain un TZR :
– 8 ans ou plus dans le même établissement APV = 400 pts
– 5 ans à 7 ans dans le même établissement APV = 300 pts
– dans des établissements APV depuis 1, 2, 3, 4... etc... ans = 0 pt
