13 juin 2006

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Hors-classe des certifiés 2006 : toujours plus d’arbitraire

La CAPA siégeant pour la Hors Classe des Certifiés
s’est tenue lundi 12 Juin 2006.

Barème et date de naissance du dernier ou de la dernière promu-e : 181 points et 19/07/1948

Retrouvez ici la déclaration de vos élus.

Déclaration SNES/SNESUP/FSU

Ce nouveau barème a pour effet de bouleverser radicalement les listes au détriment des anciennes candidatures.

En supprimant les points de diplôme, le rectorat de Créteil marque sa volonté d’accompagner au plus près les projets ministériels (on n’en attendait pas moins)
Sur le fond, il s’agit bien de modifier la conception du métier et de privilégier les tâches périphériques aux dépens de l’acte d’enseignement.
De Robien, dans le Figaro, en octobre 2005, parle de « privilégier les valeurs comme celles de l’engagement, de la performance, du mérite, ainsi que la bonne volonté mise à appliquer les lois, comme celle des remplacements par exemple »
Ces choix sont en cohérence avec le renoncement à l’ambition éducative pour tous et les suppressions massives de postes depuis 2003 : pour une plus grande efficacité, il faudrait promouvoir le mérite en faisant d’abord dépendre les promotions de l’affectation et des tâches accomplies.
Place donc à la soumission et à l’arbitraire pour déterminer notre avancement.

Sur l’aspect « mérite », M.TOLLET, fera pour le SNESUP une déclaration en raison de la particularité de la notation des collègues certifiés exerçant dans les établissements du supérieur.

 ?a va dans le même sens que les postes spécifiques des EP1 pour lesquels notre Recteur dit délicatement au Parisien « qu’il y a moins de candidats que ce que l’on pouvait attendre »
Faire croire que les collègues se trompent ou ne comprennent pas est inacceptable, comme le sont les moyens utilisés par certains chefs d’établissements et IPR qui, face à leur refus, n’hésitent pas à appeler les collègues sur leurs portables et les convoquer dans leur bureau.

Nous ne ferons qu’une allusion aux conditions de préparation, une journée c’est court pour regarder les quelques centaines de dossiers et le seul élément objectif du barème : l’ancienneté dans les établissements classés, d’autant qu’EPP n’étant pas toujours complètement renseigné, il est impossible de disposer systématiquement, pour les collègues venant d’une autre académie, de la totalité de leur carrière.

Sur les avis

A y bien regarder le seul avis présentant une constante est l’avis « Exceptionnel » justifié globalement par une inspection récente et la « connaissance » des collègues qui en bénéficient, lesquels sont conseillers pédagogiques, formateurs, dévoués et disponibles.

Certaines disciplines considérant abusivement l’accès à la hors classe comme un moyen de répondre aux services rendus. Mais favoriser des jeunes collègues serait un non sens pour la catégorie toute entière : ils n’en tirent aucun avantage financier et, sous couvert de promotion au mérite, qui ne permet de promouvoir que quelques-uns, on bloque la promotion de tous.

Ce qui frappe le plus c’est quand même l’incohérence et la disparité

Disparité

Entre les collègues d’un même établissement :
Des chefs d’établissements, parfois même en connaissance de cause, ont appliqué aux certifiés le quota des avis défini dans la circulaire des agrégés
« Vous n’aviez aucune chance donc j’ai gardé l’avis très favorable pour X »

Entre les établissements :
L’iniquité marque aussi les avis des chefs d’établissement. Des motivations du même type donnent parfois lieu à des avis différents, voire contradictoires. Il est quand même incroyable de voir des appréciations plus qu’élogieuses accompagner aussi bien des avis très favorables, favorables que sans opposition. Il est tout aussi incroyable de constater que si certains chefs d’établissement ne donnent aucun avis défavorables ou sans opposition d’autres considèrent que 100% des certifiés promouvables de leur établissement méritent un tel avis.

Entre les disciplines
Faute de régulation et d’harmonisation, la même disparité caractérise le nombre d’avis exceptionnel, qui varie d’une discipline à l’autre
Parmi les disciplines à fort effectif, l’Histoire Géographie est la seule à n’avoir aucun avis exceptionnel : là encore impossible de tirer d’enseignement de ce constat sauf à imaginer que même les conseillers pédagogiques, les formateurs ne sont pas compétents. Peut-être cependant faut-il ajouter que pour les inspecteurs d’histoire et géographie plus de 90% des enseignants de la matière ne méritent pas plus de 10 points !
Seulement 4 promus en Espagnol, 1 en philosophie, parmi les disciplines ayant plus de 100 promouvables on va de moins de 1% à 10% (en Allemand) de promus.

Manque de cohérence d’une année sur l’autre
Valse des avis de très Favorable à Favorable ou Sans Opposition en dehors de tout événement particulier, inspection ou visite.
Ce peut être aussi suite à un changement de personnel de direction ou d’inspection
Dans tous les cas, c’est 5 points de moins et un recul d’environ 70 places.
Les collègues oscillent entre incrédulité et colère et avec nous n’acceptent pas cet arbitraire.

Entre les académies et d’une année sur l’autre certaines académies comme Bordeaux réduisent le poids du « mérite » en accentuant l’ancienneté de carrière,d’autres comme Aix ont établi une manière de correctif compensant les retards d’inspection, d’autre encore comme Créteil évacuent les diplômes.

Cette année encore, trop de collègues partiront à la retraite sans accéder à la hors classe avec pour conséquence une baisse moyenne de 20% de leur pension.
La simulation suivante l’illustre :
Si on prend les 290 plus anciens dans le 11e échelon, il apparaît que seulement 121 figurent dans la liste rectorale des promus.
Si on prend les 290 plus âgés dans le 11e échelon, il n’y en a plus que 71

C’est pourquoi nous demandons :

En matière de notation pédagogique :
 Mettre en place un dispositif négocié sous contrôle paritaire qui résorbe les retards d’inspection et rende la procédure plus transparente avec de réelles possibilités d’appel
 doter l’ensemble des disciplines d’une inspection pédagogique (documentation, technologie...)
 clarifier les bases de la notation administrative et en faire un bilan déraillé par échelon, type d’établissement...
Si l’évaluation n’a de sens que pour améliorer l’efficacité du service public,la spécificité de nos métiers et leur évolution nécessitent que soient renforcés la formation et le dialogue, les échanges, l’aide et le conseil.

En matière d’évolution de carrière et d’accès à l’indice terminal
 que l’indice terminal de la hors classe devienne l’indice de référence du 11e échelon. Enfin, que l’ancienneté de carrière soit, avec la notation, l’élément déterminant dans l’établissement de tous les tableaux d’avancement.
 le rétablissement de critères communs à tous traduits dans un barème national fondé sur l’ancienneté de carrière, ce qui implique de nouvelles notes de service
 l’augmentation des possibilités de promotion pour assurer la promotion sans délai de ceux qui ont atteint l’ancienneté requise pour accéder aux échelons terminaux.

Face à cet arbitraire renforcé, nous ne pouvons jouer notre rôle de défense de tous les enseignants de l’académie. Dès lors vous comprendrez que nous ne puissions entrer dans le détail de la discussion. Nous assisterons donc à la lecture du tableau des promus mais nous ne discuterons pas du choix de chacun d’entre eux
.

Lire la circulaire adressée aux syndiqués