24 septembre 2007

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S ?opposer à la réforme des régimes spéciaux c ?est empêcher une troisième réforme des retraites par le bas pour tous public/privé

La création de la SNCF date de 1937 ainsi que le régime spécial pour les cheminots. Et c ?est en application du programme du conseil national de la résistance qu ?Ambroise Croizat créa la sécurité sociale en 1946 qui prévoit la maintien des régimes spéciaux « dans l ?attente d ?une égalisation des droits par le haut pour tous ». Si l ?unification des régimes n ?a pas eu lieu c ?est parce que le patronat, à qui la sécu a été imposée, s ?est toujours opposé à la mise en ?uvre des mesures nécessaires !

En tentant d ?instaurer une dualité public/privé le président de la république s ?attache à diviser les salariés rendant plus difficiles les convergences des luttes et veut inscrire dans le marbre sa vérité : l ?équité ne pourrait s ?entendre que sous l ?angle de « la réduction des droits pour tous les salariés ». C ?est ce message qu ?il veut faire passer dans la perspective de 2008 (étape prévue par la réforme Fillon de 2003) en usant de propos réducteurs alors que les ténors du CAC 40 se sont partagés un gâteau de 24 milliards d ?euros ( certains toucheront seulement 30% de leur dernier salaire soit 2 millions d ?euros par an ! !)

Si les cheminots partent à 55 ans ( avec 5 ans de bonification pour 15 ans de conduite ) la moyenne d ?âge de cessation d ?activité du privé est de 57,6 ans ( différents dispositifs pour se séparer des plus âgés ) ??
Si la durée de cotisation pour percevoir une retraite à taux plein du régime spécial est de 37,5 ans elle sera portée à 42 ans à l ?issue de l ?application de la réforme Fillon dans le privé et pour les fonctionnaires .
Cependant le calcul de la pension du régime spécial se fait sur un salaire inférieur de 11% du salaire mensuel : le montant perçu est en moyenne inférieur de 10 points au régime général et la rapport entre le dernier salaire et la pension est de 67% à la SNCF ( plus de 60% des pensions sont inférieures à 1500 ?? brut par mois )
Evidemment il y a un différentiel démographique ( 0,5 cotisant pour 1 retraité) mais l ?Etat patron est directement responsable ( 440 000 cheminots en 1949 et 160 000 en 2006) et le transfert des cheminots retraités au régime général ferait supporter entièrement leurs pensions par les tous les salariés actifs.

Et la réponse consistant à poursuivre la politique d ?exonération des cotisations patronales ( 250 milliards en 2005 contre 3 en 1993) tourne le dos à l ?amélioration du système des retraites .
Avec la création d ?1 million d ?emplois ce sont 12 milliards d ?euros supplémentaires pour financer les retraites ??..

En refusant de mettre en débat la question du financement de tous les régimes et de répondre à la question "quelle part des richesses nationales voulons-nous consacrer au financement des retraites" , les réformes de 1993 et de 2003 n ?ont rien réglé !
Tout le discours libéral est conçu pour entretenir la confusion dans la tête des salariés et pour donner l ?illusion que l ?alignement des uns par le bas serait de nature à sauver le système des autres .
C ?est tout de suite et ensemble public/privé qu ?il nous faut agir. Il en en va de l ?avenir du système de répartition. Le recours à la capitalisation est le moyen de faire intérioriser le recul inéluctable des pensions et d ?en faciliter la mise en ?uvre.