13 février 2009

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« Médiateurs de réussite scolaire » : pas de recrutement en catimini !

Le 22 janvier, le Ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos avait annoncé la création de 5000 emplois de « médiateurs de réussite scolaire ». On en sait désormais un peu plus... et les premières réactions du SNES (lire sur notre site) sont amplement justifiées.
Le texte (sans caractère réglementaire) envoyé aux Recteurs par M. Darcos et Mme Amara confient à ces « contrats aidés » des missions très étendues empiétant largement sur celles des CPE et des assistantes sociales : « actions d’aide à la parentalité », création de « lien fort avec les parents dans et hors de l’établissement », relations avec les collectivités territoriales. Le profil décrit dans le texte est extrèmement exigeant : « connaissance des problématiques familiales et sociales », « connaissance de l’institution scolaire ».

Sur les 5000 contrats aidés prévus, plus de 600 devraient être recrutés, dès maintenant, dans notre académie. Ce mercredi 11 février, les représentants des CPE réunis en CAPA ont interrogé l’administration sur les modalités de mise en oeuvre de cette mesure hallucinante. De sa réponse et des premières remontées de terrain, il apparait que :
 ce sont les établissements qui doivent recruter, mais le rectorat estime que le chef d’établissement peut se passer du CA si par le passé, l’accord a déjà été donné pour le recrutement de CAE (même pour aider en cuisine ou tailler les rosiers). IL N’EN EST BIEN SUR PAS QUESTION !!
Nous demandons aux collègues d’être particulièrement attentif à ne
pas se retrouver devant le fait accompli et à s’emparer de ces
questions en CA.
Nul doute que les représentants des parents et des
élèves seront sensibles à leurs arguments. Il faut exiger que ces
éventuels recrutements soient soumis au vote !
 ils doivent être formés, mais seulement après "une période
d’immersion" non définie
. La formation et même la question de qui va
les former n’est pas arrêtée. Tout est fait pour qu’au final, ce soit les collègues dans les établissements, seuls, qui assurent l’adaptation au poste (et quelposte !).
 la durée du contrat ne paraît pas très établie : le DRH assure à la CAPA des CPE que l’on se dirige vers des contrats d’un an minimum tandis que l’IA 93 écrit qu’il s’agira de contrats de six mois (certes renouvelables deux fois).

Tout indique que nous avons encore affaire à l’une des ces mesures alibi, qui ne coûte guère au Ministère, sans doute sommé d’accepter ces emplois aidés en période de crise. Au moment où le recrutement de personnels titulaires se tarit, c’est faire bien peu de cas des besoins réels des élèves et des établissements, et renforcer une fois de plus la précarité dans les vies scolaires. Précarité pour les établissements, précarité pour les salariés... le SNES Créteil appelle les sections d’établissement à imposer le débat au Conseil d’Administration, et à refuser le recrutement dans ces conditions.

Pour une analyse complète de la circulaire du 27 janvier 2009, consulter ici l’article publié par le secteur CPE du SNES national