29 septembre 2008

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Réforme du lycée : le SNES doit imposer ses conditions et un changement de méthode

Darcos a entamé sa discussion avec les syndicats sur la réforme des lycées en instaurant une nouvelle méthode : imposer la signature d ?un document de convergence pour participer aux discussions. Il ne rencontre pas lui-même les syndicats : un recteur, ancien directeur des enseignements scolaires, joue le rôle de porte-parole auprès des syndicats essentiellement dans des rencontres bilatérales.

En parallèle Darcos distille ses informations dans les médias. A chaque fois une déclaration à la veille des deux rencontres avec le SNES ôte tout sens à une négociation : en juin annonce de l ?extension de l ?acconpagnement éducatif a 200 lycées expérimentaux, première pierre de la réforme des lycées. En septembre, annonce du tout modulaire à la carte.

Les importantes mobilisations contre les suppressions de postes l ?an dernier ont contraint Darcos et le gouvernement à reculer jusqu ?en juin en semblant ouvrir une concertation très limitée avec les syndicats. Depuis janvier dernier, Darcos utilise la même stratégie : tenter de diviser parents, lycéens et personnels. Il n ?y a pas réussi l ?an dernier. Il recommence cette année : sur le site du ministère, Darcos cultive une belle image de négociateur en affichant les photos de ses trois rencontres avec les organisations lycéennes.

Pourquoi Darcos ne négocie-t-il pas en direct avec le SNES ? De Gaudemar restant recteur de Marseille , il est peu disponible et reste sous la tutelle du ministre. Darcos doit mener les négociations lui-même comme les autres ministres.

Seule une mobilisation et la construction d ?un rapport de force peuvent changer en profondeur le projet inacceptable de Darcos.

Le SNES doit imposer un changement de méthode : de réelles négociations avec la ministre incluant les moyens. De Gaudemar en joue sans cesse en bottant en touche chaque fois que le sujet est abordé.
Darcos et ce gourvernement ne comprennent que le rapport de force . Le SNES doit se donner les moyens d ?imposer un minimum de conditions tout en construisant la mobilisation avec les lycées les parents, les associations pédagogiques. Nous exigeons aussi une réponse claire du ministre sur les SIX points suivants pour que la réforme des lycées corresponde à nos exigences.

 Le report de la mise en place de la reforme du lycée, en particulier des secondes à la rentrée de septembre 2010. Le SNES a pris l ?initiative d ?une lettre intersyndicale avec les autres organisations pour demander ce report. Une acceptation claire du ministre est impérative sur ce point. La réponse du directeur de cabinet de Darcos, annonçant une mise en ?uvre progressive ne constitue pas une réponse acceptable. Darcos déclare clairement dans les médias qu ?il ne différera pas sa réforme.

 La diminution des horaires élèves ne peut être acceptée comme préalable à la réforme de la seconde générale après les milliers de postes supprimés les années antérieures. C ?est un point capital qui a été exclu des points de convergence. La volonté de maintenir la réforme en 2009 avec des aménagements pour organiser une certaine progressivité monte bien que les suppressions de postes sont prioritaires pour le budget 2009. 3 heures hebdomadaires en moins permettraient d ?économiser 3500 à 4000 postes !

 La semestrialisation des modules accompagnée de l ?autonomie accrue des établissements favorise l ?annualisation du temps de travail, certains enseignements ne se déroulant que sur un semestre. De plus la semestrialisation d ?une discipline comportant deux modules successifs dans l ?année (par exemple français ou mathématiques) est contraire aux recommandations des corps d ?inspection (progression en spirale). Elle restreint la liberté pédagogique.

 Le maintien de la voie technologique avec ses spécificités pédagogiques et avec une diversification suffisante. Les séries techno fournissent plus d ?un tiers des bacheliers. Elles ont fortement contribué à la démocratisation du BAC. Depuis plusieurs années le recrutement de nombreux CAPET industriels a été interrompu.

 l ?organisation du cycle terminal (première terminale) en séries générales refondées. La généralisation de modules semestriels n ?est pas acceptable dans les disciplines générales. De plus la série permet de donner une approche pédagogique spécifique à une discipline, même si celle-ci est commune à toutes les séries. Un parcours personnalisé choisi est plus favorable aux familles initiées et augmente la ségrégation sociale. L ?organisation en séries donne des repères aux familles et aux élèves.

En l’état les projets présentés sont inacceptables. Une forte mobilisation est nécessaire. C’est pourquoi le SNES appelle à la grève le 7 octobre.