Après le mauvais temps de l’été, les coups pleuvent sur l’école et ses personnels. Les espoirs soulevés par la suppression du décret Robien par le Président de la République, s’il en était, ont été vite douchés par les annonces de ses ministres concernant le budget 2008 : 10 000 postes supprimés, puis 17 000, 11 200 pour finir...
Faire réussir l’école, ce n’est certes pas qu’une question d’argent... mais c’est aussi une question d’argent. Tables rondes et livres verts ou blancs ouvrent peu de perspectives et ne semblent qu’être le prétexte à de nouvelles attaques contre les statuts et les conditions de travail des personnels, à l’appauvrissement de l’offre de formation sous la contrainte budgétaire (Sarkozy l’a précisé le 22 août, en réduisant le nombre d’heures des élèves « on pourra économiser des postes »), et à la conversion de l’éducation nationale aux règles du marché et du management. La caution de cette école qui renonce à la démocratisation, c’est la promotion de quelques rescapés « méritants » de la reproduction sociale, symboles d’une école qu’on prétend « républicaine ».
C’est peu dire que dans notre académie de Créteil, il va falloir se battre pour imposer notre vision d’une école de la réussite pour tous. Se battre tous ensemble et avec les parents contre la mise en concurrence des établissements par l’abrogation de la carte scolaire et le dévoiement de l’éducation prioritaire ; se battre ensemble et avec tous les fonctionnaires contre le rétrécissement du service public ; se battre ensemble et avec tous les salariés pour le droit du travail, que Fillon prétend vouloir « libérer », en s’attaquant d’abord au droit de grève, et pour la Sécurité Sociale, encore attaquée par les « franchises médicales » ; se battre enfin, notamment avec RESF, pour que le « droit à l’éducation » ne soit pas qu’une formule creuse, mais conformément à une convention ratifiée par la France, qu’il soit assuré à tous, alors que la chasse aux sans-papiers se fait chaque jour plus cruelle, un an après « l’évacuation » de la cité U de Cachan qui avait pourtant révélé son inhumanité.
Tenons nous prêts pour l’action dès cette rentrée qu’on annonce « morose » et que le SNES Créteil vous souhaite au contraire pleine de luttes. C’est le sens du dispositif que nous proposons, et de l’appel de la FSU et des quatre autres fédérations de l’éducation nationale (UNSA Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT, FAEN) lancé mi-juillet.
Le SNES Créteil appelle les sections d ?établissement à organiser des assemblées générales dès le 3 septembre pour faire le point sur l ?affectation et la ventilation (Heures poste / heures supplémentaires) des moyens rendus consécutivement à l ?abrogation du décret Robien, et sur l ?effet des nouvelles dérogations à la sectorisation, et débattre de l ?action. Des AG seront organisées le 13 septembre dans chaque département. Le SNES Créteil organisera une permanence devant le rectorat pour accueillir les mal nommés et les non-titulaires sans affectation, ainsi que les délégations d ?établissement, en particulier le 5 septembre.
Valérie Sultan, Françoise Maurin, Pierre Claustre, secrétaires généraux du SNES Créteil
