Le college Romain Rolland mobilisé écrit au Président de la République : "Moi Romain Rolland"

Collège Romain Rolland à Ivry toujours dans l’action

grève "tournante" encore toute la semaine et mobilisation intense des parents : collège mort aujourd’hui mardi 9 décembre, manifestation de ville samedi avec les parents, contacts avec les élus, lettre ouverte à la ministre et au président, soutien des parents et enseignants devant l’inspection académique.

La lettre ouverte :

Collège Romain Rolland
36 rue Jean-Baptiste Renoult
94200 Ivry-sur-Seine
Ivry-sur-Seine, décembre 2014

MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
MADAME LA MINISTRE,

Objet : demande de classement en REP

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je suis né à Ivry-sur-Seine dans l ?idéal républicain, celui de la réussite pour tous. Je me rends compte aujourd ?hui que cette idée n ?est plus qu ?une belle formule vidée de son sens.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, prix Nobel de Littérature en 1915, j ?abrite, un siècle plus tard, des enfants qui confondent « être » et « avoir ».

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?en perds mes tables de multiplications et ne suis plus qu ?une variable d ?ajustement.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je suis consterné d ?apprendre que je n ?intègre pas le dispositif d ?éducation prioritaire (REP) à la rentrée 2015 alors que tout dans mon quotidien me crie la nécessité d ?y appartenir.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je me désole d ?entraîner dans ma sortie de l ?éducation prioritaire les écoles primaires de mon réseau.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je me souviens que toi, Président de la République, tu avais promis « d ?augmenter les moyens, notamment scolaires, dans les zones en ayant le plus besoin ».

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je me demande comment toi, Président, comptes exaucer le v ?u pieux d ?un « accompagnement personnalisé pour les élèves les plus en difficulté ».

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je suis choqué de voir que toi, Président, tu balayes d ?un revers de main mes 40 % d ?élèves défavorisés.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?apprends que « l ?ensemble des établissements de France seront dotés de moyens en fonction de leur réalité sociale » mais je suis écarté de l ?éducation
prioritaire.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je m ?insurge que l ?on m ?assimile à des établissements et à une réalité sociale qui ne me ressemblent pas !

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, semblable aux autres établissements de ma ville, je devrais, comme eux, intégrer l ?éducation prioritaire !

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je vois mes enseignants accomplir sans aucune reconnaissance ni rémunération les tâches qui incombent aux établissements de ce dispositif.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?observe les enseignants développer les connaissances, les compétences, la culture, la créativité, l ?esprit critique et civique des jeunes générations.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je m ?interroge : doivent-ils cesser de travailler de cette façon ?

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je témoigne pourtant de leur obstination à remplir ces missions de professeurs et d ?éducateurs quand le contexte, de jour en jour, se dégrade.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?exprime ici, entre mes murs, l ?immense fatigue et le découragement ressentis par mes enseignants.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?atteste de leur acharnement à mettre au travail leurs élèves, tentant chaque jour de convaincre les plus récalcitrants.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?entends et j ?observe ce lot quotidien d ?incivilités et de violences.
Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je plains mes enseignants supportant l ?inacceptable.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je sais que si ces efforts n ?étaient pas reconnus par mon appartenance au REP les professeurs seraient particulièrement amers devant une telle injustice.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je redoute qu ?ils n ?abandonnent leurs projets dans lesquels ils mettent tant de c ?ur, de temps et d ?énergie.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je crains que toi, Président, ne penses cette énergie inépuisable.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, j ?ai peur que n ?étant plus reconnu, de moins en moins d ?enseignants expérimentés ne s ?intéressent à moi.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve qu ?on en finisse avec les beaux discours et que l ?on donne réellement aux enseignants les moyens d ?aider leurs élèves.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve de classes qui ne comporteraient pas plus de quinze élèves pour donner aux professeurs les moyens de faire progresser chacun d ?eux.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve d ?un véritable suivi individualisé.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve d ?un collège où les professeurs pourraient aller encore plus loin dans leurs projets.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve d ?une éducation prioritaire qui permettraitvraiment le progrès et la réussite de tous.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve d ?un pays où l ?on écouterait la voix des profs.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve du nécessaire, je rêve que cela devienne réalité.

Moi, Romain Rolland, collège de banlieue, je rêve...
Je REP !

L ?équipe enseignante du collège Romain Rolland

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